mercredi, juin 24, 2009

Chick Lit

Avec l’été, la participation d’une Desperate Housewife à Fort Boyard et l’arrivée de Frédéric Mitterrand au Ministère de la Culture, l’heure est plus que jamais à la légèreté. Le M’Café peint donc ses murs en rose et vous propose de la Chick Lit. Une histoire qui vogue de blog en blog et qui prend un grain de sel par-ci, un grain de folie par-là. Une histoire de blogueuses où je m’incruste grâce à SpaCitron, qui m’a adorablement filé la suite de l’histoire. Alors sans plus attendre, je vous laisse découvrir l’histoire dès son début. Quant à moi, je file un crayon et du papier à M pour donner A Lot Of Tralala à cette histoire. Ou bien pire.

L'histoire ...



Aude
Adossée contre un arbre, dans le square où elle s’est réfugiée, Suzanne rumine sa rancune. Même le soleil qui veut lui faire croire que tout va bien l’exaspère. Avec hargne, elle explose sa boîte de tic-tac sur le sol, et les points oranges et verts s’éparpillent dans mille directions.

Manu
En retard, sa meilleure amie est en retard. Comme toujours. Sa meilleure amie ? Suzanne commence à se poser la question. Pendant des années, Céline, la belle Céline l’a fascinée. Elle était son modèle, quasiment son icône. Suzanne essayait maladroitement de l’imiter en tout et en moins bien. Forcément. Céline était inimitable, elle le savait, et elle en profitait.

Virginie
A l’image des deux fourmis qui s’affrontent sous ses yeux pour un tic-tac, Suzanne est consciente que l’une d’elles doit l’emporter. Et il se pourrait bien que, cette fois, ce soit elle la gagnante. Écrasant de l’index la fourmi la plus grande, elle se détend en imaginant le visage de Céline lorsqu’elle lui apprendra qu’Arnaud la quitte. Pour elle.

Gazelle
Oui. Toutes ses pensées sont encore tournées vers la nuit dernière, moment magique où il la couvrait de ses baisers tendres, parcourant tout son corps, parcelle par parcelle, de sa langue langoureuse lui glissant dans le cou, de sa bouche charnue, lui mordillant les lèvres. Jamais auparavant, elle n’avait ressenti une telle sensation avec un homme, elle ne contrôlait plus son corps avec lui, elle lui appartenait. En repensant à ces moments sensuels et charnels, elle ressent un large frisson en ricochet sur l’intégralité de la surface de sa peau. Chaque minute passée à ses côté lui paraissent tellement courtes, mais l’heure n’était pas à celles des souvenirs, ni des bons moments, elle allait rentrer dans une ère de chamboulements. Son dernier tic tac rescapé fut brusquement explosé par sa mâchoire.

Angie
Le goût sucré de son dernier tic tac lui rappela sa folle nuit d’amour. Un frisson de plaisir parcourut son échine. Une douce torpeur l’envahit. Ses pensées furent brusquement interrompues par l’incessante vibration qu’elle sentait à l’intérieur de son jean. Son portable. Un nouveau message venait d’arriver. En voyant le nom qui apparut, son coeur se mit à battre la chamade. Jonathan, l’homme avec lequel elle vivait. A lui aussi elle devrait briser le coeur ce soir. Puis, en pensant à comment annoncer la nouvelle à celui qui venait, le matin même, de lui livrer la plus belle gerbe de roses thé, un autre message arriva. Arnaud. Elle appuya sur la touche Lire, puis ces mots apparurent : annule tout, je te quitte.

Madame Kévin
Deux ruptures dans une seule journée. Quitter et être quittée. Elle ressentait de la culpabilité à l’égard de Jonathan et du chagrin à cause d’Arnaud. Mais elle éprouvait également un vrai sentiment de libération. Elle pourrait désormais arrêter de jongler avec les emplois du temps et les mensonges. Elle pourrait exister autrement que dans le désir des autres. La liberté se paye souvent du prix de la solitude : elle le savait et était prête à payer. Cash. Elle envisageait avec volupté des journées d’insouciance et d’égoïsme, des nuits passées à apprécier le silence et à s’étendre en travers du lit. Se recentrer sur soi et ne plus se partager. Pour être, plus tard, de nouveau disponible. Pour qui ? Pour quoi ? Il était délicieux de laisser ces questions en suspens…

Sylvie
Soudain, elle aperçut la silhouette de Céline, dont le retard dépassait maintenant les vingt minutes. Je l’avais presque oubliée, pensa Suzanne. Qu’est-ce-que je lui dis maintenant? Que j’ai passé la nuit la plus merveilleuse avec son mec, mais que c’était purement sexuel donc no problem? Ou bien que son mec est vraiment pas un bon coup et que je le lui laisse, plus vache ça! Ou bien la gentille Suzanne va encore fermer sa gueule devant sa supposée meilleure amie, bougonna Suzanne, intérieurement, car Céline était déjà là devant elle : « Salut ma belle! » dit joyeusement Céline…

Good Girl
-”lut”, répondit Suzanne qui ne cachait pas son mécontentement. Pourtant, Céline n’y prit même pas attention, elle avait l’air ailleurs. Elle arborait un sourire béat et ses yeux pétillaient de mille feux.
Elle vint à la rencontre de Suzanne et ne s’excusa pas de son retard. Il est vrai qu’avec elle, c’était une habitude de ne pas arriver en temps et en heure, séduisante comme elle l’est, personne ne lui en tenait rigueur, il lui suffisait d’un regard pour effacer toute rancune.
-”Ben t’en fais une tête”, lança Céline.
Silence…
-”Allez, viens, allons nous promener”, dit-elle, tout en faisant demi-tour sur ses talons.
Par mégarde, en se retournant, Céline fit tomber une lettre de sa poche.
Suzanne qui lui emboîtait le pas s’abaissa pour la ramasser, et, en un coup d’oeil, elle vit l’adresse de l’expéditeur : Jonathan. SON Jonathan.

Vanessa
Son sang ne fit qu’un tour. Elle tira le papier hors de l’enveloppe et lu son contenu. Une simple phrase, quelques mots griffonnés à la hâte: “Il faut que Suzanne sache la vérité avant qu’il ne soit trop tard”.
Tout se mit à tourner autour de Suzanne, ses oreilles se mirent à bourdonner, des points noirs dansaient devant ses yeux et mille scénarios défilaient dans sa tête. Elle couru alors derrière Céline, l’attrapa pas le bras et l’obligea violemment à se retourner. Elle brandit la lettre sous ses yeux et lui hurla :
-” Tu peux m’expliquer??? TU PEUX M’EXPLIQUER???”
Le sourire de Céline s’effaça immédiatement, elle pâlit et se mit à balbutier.
-”C’est… c’est pas facile à… à te dire… Ne m’en veux pas… Je n’ai pas eu le choix… Je devais le faire… Je devais…”
Et elle se mit à sangloter comme un enfant.
Suzanne n’avait jamais vu Céline dans cet état. Perdue, elle hésita sur la conduite à adopter. Consoler son amie ou la pousser à livrer ce secret qui semblait si terrible.

SpaCitron
Elle se sentait tiraillée entre la détresse de son amie, et ses interrogations devant ces mots “Il faut que Suzanne sache la vérité avant qu’il ne soit trop tard”. Elle ne voyait pas ce qu’ils pouvaient signifier, elle ne comprenait pas. Céline était-elle déjà au courant de leur petite aventure, à Arnaud et elle? Etait-ce un jeu entre eux? Ou alors l’état de Céline n’avait rien à voir avec la nuit qu’elle, Suzanne, avait passée à la trahir, et y avait-il alors un problème bien plus grave?
Suzanne prit le parti de consoler son amie, en se disant qu’elle ne parviendrait à en apprendre plus sur cette lettre que d’une Céline calmée. “Ce n’est sûrement pas si grave, tu sais… Tu peux m’expliquer, je ne te jugerai pas”, lui dit-elle. Elle n’était pas sûre de ses paroles. Elle ne savait pas où elle mettait les pieds. En même temps, elle avait elle-même été une amie plutôt imparfaite, dans la situation, donc elle n’était pas dans la meilleure position pour porter un jugement. Cependant, les larmes de Céline ne se calmaient pas, elle était secouée de sanglots, ne parvenait plus à parler. Suzanne était de plus en plus intriguée. Elle, qui, quelques instants plus tôt se réjouissait de sa liberté retrouvée, se sentait comme prise au piège, et elle ne savait même pas expliquer pourquoi.
Comme elle ne pouvait rien tirer de Céline, elle s’éloigna un instant. Elle avait besoin d’une explication. Elle sortit son téléphone, et appela Jonathan. Il décrocha quasi instantanément.

M1
« ah… j’allais t’appeler … » lui dit-il d’une voix sombre « on peut se voir ce soir? J’ai un truc à te dire… ». « Dis-le moi maintenant, j’ai prévu de voir Agathe ce soir, j’ai eu un mail d’elle tout à l’heure» répondit sèchement Suzanne. « A vrai dire … Agathe et moi voulions te voir … » « ça veut dire quoi Agathe et moi ? » demandait Suzanne, avec moins d’assurance. « Nous voulions te voir pour t’annoncer que nous allons nous marier … nous n’avons pas voulu le faire par téléphone, mais là je pense que je n’avais pas le choix … je voulais aussi te …» Suzanne avait déjà raccroché, mais son téléphone était resté collé à son oreille, puis glissé dans son sac, en même temps qu’une larme. Elle était incapable de réfléchir, elle sentait un vide autour d’elle. La main de Céline posée sur son épaule vint la tirer de ce vide, du coup, elle se sentait moins seule, presque rassurée à l’idée que Céline aurait encore plus mal qu’elle à l’annonce de cette nouvelle qu’elle ne voulait pas garder pour elle. « Jonathan vient de m’annoncer qu’il va se marier avec Agathe ». « Oui je sais » répondit Céline en caressant les cheveux de Suzanne, comme pour la consoler. Comme électrocutée par la main de Céline, Suzanne fit un bon en arrière. Elle ne comprenait plus rien, elle avait l’impression que tout basculait. « Oui je sais … je sais » lui assénait encore une fois Céline, « Mais alors la lettre, la lettre de Jonathan, qu’est ce que ça veut dire ? », « Nous avons juste eu une aventure, et on ne voulait pas garder ça par respect pour notre amitié, maintenant qu’il se marie avec Agathe et qu’Arnaud m’a demandé en mariage ce matin même ».


To be continued ...

jeudi, juin 18, 2009

Destination Finale

Nous sommes le 7 octobre 2008, un Airbus A330 de la Qantas, assurant la liaison Singapour et Perth fait une chute brutale de 2000 mètres et effectue un atterrissage d’urgence dans une ville de l’ouest de l’Australie. 36 blessés dont 20 graves sur les 303 passagers et 10 membres d’équipage. Une catastrophe évitée de justesse. L’Adiru (Air Data Inertial Reference Unit) un ordinateur qui envoie des informations sur la vitesse et l’altitude au système de navigation s’était mis à transmettre des informations fantaisistes mais prises très au sérieux par des systèmes de sécurité de l’A330 qui n’ont aucun sens de l’humour faisant plonger l’appareil dans le vide. La main de dieu, ou plutôt celle du pilote à pu redresser l’appareil et effectuer un atterrissage d’urgence. Le vol Qantas avait de la chance, il faisait jour et très beau. L’AF 447 n’avait pas eu cette chance. Dans la nuit du 31 Mai au 1er Juin, l’Adiru de l’Airbus A330 d’Air France était lui aussi en mode déconne puisqu’à 23h12, un message automatique envoyé par l’avion faisait état d’une panne simultanée de l’Adiru et des systèmes qui fournissent des données sur l’altitude et la direction de l’avion. Une anomalie à première vue semblable à celle rencontré par l’A330 de Qantas, sauf que les pièces qui ont déconné ne proviennent pas du même constructeur, il faudra donc chercher une réponse beaucoup plus en profondeur dans les systèmes de l’avion. Aussi, des messages envoyés par l’AF447 rapportaient des pertes de références de vitesse de l’appareil fournies par les désormais célèbres sondes Pitot. Malgré ces messages de disfonctionnements, Air France ne parlait que de foudre dans les heures qui ont suivi le drame et donnait l’impression de chercher un orage beaucoup plus que les causes de l’accident. La foudre, une version jugée courte par des spécialistes médusés par cette vraie fausse piste, surtout qu’il y avait plusieurs avions sur la même trajectoire de l'AF447. Il ne manquait plus que la thèse d’une collision avec une comète ou une soucoupe volante. Au-delà du réel, l’aventure AF447 continue. Ce qui est incroyable c’est que dès 2001, la direction générale de l'aviation civile (DGAC) avait exigé le remplacement de toutes les sondes Pitot sur toute la gamme A300 et les tests réalisés par le fournisseur THALES AVIONICS ont révélé un défaut de fabrication de ses sondes au niveau des trous de purge. En 2007, de nouvelles anomalies sont signalées par Airbus sur ces sondes. Sept pertes d'indication anémométriques dues à ces sondes ont été recensées par Air France entre 2008 et 2009. Celui de l’AF447 fut fatal mais le mystère plane toujours au dessus de l’océan. Juste après ce drame, s’il y en a un qui a fait preuve de courage, d’acte de bravoure même, c’est bien Bernard Kouchner "Je m'efforce de ne pas y penser de manière dramatique, mais je vais faire l'exact parcours inverse de ce vol 447, et je reprendrai, peut être demain, peut être après-demain je ne sais pas, le vol 447 exact à partir de Rio pour revenir à Paris". Sévèrement burné le french doc. Heureusement pour lui, le ridicule ne tue pas dans un avion. Il faut être un sacré connard pour oser récupérer une telle tragédie. Une tragédie qui continue à buzzer au-delà du crash avec une histoire à faire pâlir de jalousie les scénaristes de Destination Finale : Kurt et Johanna Ganthaler, un couple d’italiens, avaient manqué l’AF447 mais ne se sont pas tirés d’affaire pour autant puisqu’ils avaient embarqué pour Munich et eu un accident de voiture sur le chemin de l'Italie. La femme avait trouvé la mort (ou c'est plutôt la mort qui l'a retrouvé) et son mari est dans état critique. On va dire que c’est le destin, mais dieu devra sérieusement arrêter de trop regarder les thrillers, ça lui donne vraiment des idées à la con.