dimanche, juillet 05, 2009

Destination Finale 2

AF447. IY626. Deux crashs majeurs en un mois. Un timing idéal pour TF1 pour diffuser "Seul au Monde" et pour France 5 de servir la collection Mayday-dangers dans le ciel. On est drôle ou on l’est pas. Mais c’est la télé bolivienne PAT qui écrase la concurrence et qui décroche le titre de la télé la plus bête du monde. Croyant détenir un scoop, les boliviens avaient diffusé des images du crash d’avion de la série LOST comme étant celui de l’AF447. La pintade à roulettes qui présentait le JT affirmait même que les photos avaient été prises par un passager du vol AF447 au moment du drame, images récupérées dit-elle dans la mémoire d’un appareil photo, un Casio Z750 plus précisément, récupéré par la marine brésilienne. Putain de cariocas, Je ne savais pas que les Boliviens étaient un peu leurs cons ! Belle pub pour les appareils Casio en tous cas, non seulement ça flotte mais en plus la carte mémoire est conçue comme une boîte noire pour témoigner de votre crash. le temps que la télé bolivienne s’aperçoive de la blague, le JT avait déjà fait le tour du monde du net. Après l’histoire du couple d’italiens qui avaient raté leur embarquement dans l’AF447 mais que la mort avait rattrapé sur une route allemande, dieu continue son remake de Destination Finale puisque le commandant de bord de l’Airbus A310 de la Yemenia, Khalid Hajeb, avait échappé en Novembre dernier aux attentats de Bombay en se retranchant avec hôtesses et stewards dans une chambre de son hôtel. Dieu fait des remakes, mais il les fait en vrai. D'autres font des comédies, en vrai aussi, immédiatement après le crash de la Yemenia, le gouvernement français s’était livré à un looping des plus étonnants. Dominique Bussereau, secrétaire d'Etat aux transports, s’était spécialement déplacé à Roissy pour fustiger un avion poubelle exclu de l'espace aérien français après un contrôle effectué par la DGAC en 2007. Un looping étonnant puisqu’on apprend quelques jours plus tard que l’A310 de la Yemenia n'était pas "formellement interdit" de vol en France, il était juste "strictement surveillé" après constations de plusieurs anomalies lors du contrôle effectué en 2007. La différence est de la taille d’un Airbus. Et on apprend dans la foulée que le même A310 avait effectué une semaine avant son crash une liaison sur Londres et que sa maintenance avait été supervisée par Airbus depuis le contrôle négatif de 2007. Il fallait peut-être faire appel à Boeing. On apprend également qu’en matière de sécurité aérienne, Air France Consulting compte la Yemania parmi ses références. A croire que c'est un dexième crash d'Air France. Il y a fort à parier qu’après cet incident, la Yemenia va non seulement changer de fournisseur d’avions mais aussi de prestataires de services. On comprend qu’il y avait urgence pour le gouvernement français d’improviser une comm de crise pour sa vitrine aéronautique : 2 crashs en un mois impliquant des airbus, il fallait rassurer des millions de voyageurs la veille des grands départs de juillet et préserver le carnet de commandes. Il ne devait donc y avoir aucune place au doute, concernant les avions Airbus, quitte à emmerder profond une compagnie aérienne finalement pas si mauvaise que ça et exciter la communauté comorienne de France qui trouve dans ce crash l’occasion de célébrer l’amitié ancestrale entre les Comores et le Yémen. Pendant ce temps-là, le BEA (Bureau d’enquêtes et d’analyses) communiquait son premier rapport concernant le crash de l’AF447. Enfin, c’est juste pour dire qu’en fait le BEA ne sait pas grand-chose et que ce crash est finalement la faute à pas de chance. Une sorte de "Crash de l'AF447 pour les nuls". C’est tout de même hallucinant qu’avec autant de doutes, le BEA puisse affirmer par la voix de son chargé d’enquête que "L'avion n’a pas été détruit en vol. Il paraît avoir heurté la surface de l’eau en ligne de vol avec une forte accélération verticale” et que “L’avion est arrivé entier au moment de l’impact”. Que fait le BEA des débris et des corps retrouvés dans un rayon de 85 km et qu'en pense le BEA des balises de détresse qui n’avaient rien émis pendant que l'avion décrochait. Autre élément que le BEA semble définitivement vouloir ignorer, la défaillance des sondes Pitot. Le BEA pense toujours que c’est bof bof, alors que dans le programme Adeline (advanced air-data equipment for airliners) mené par Thalès en 2005, un rapport confirme que "la perte de ces données peut causer le crash de l’avion, particulièrement en cas de givrage des sondes". Dommage pour le BEA que les pilotes ne soient pas arabes, avec une telle science de l’enquête, il aurait pu conclure au suicide. Moi je me demande où était passé Bruce Willis.

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