dimanche, mars 30, 2008

Joue-la comme Beckham

Un véritable chemin de croix pour la flamme Olympique à Athènes. Le centre-ville bouclé. Le site de l’acropole en état de siège. 2000 policiers. Le stade interdit aux journalistes. Une première depuis 50 ans. Une course de relais avec la flamme olympique réduite à un sprint de 100m. Un vrai cirque. Un seul impératif, n’obtenir que de belles images qui feront plaisir aux chinois et à des dirigeants de la planète peu enclins à boycotter les JO de Pékin. Et c’est là tout l’enjeu de ces JO, les images. Et l’enjeu est énorme. Les chinois veulent contrôler la diffusion avec un vrai-faux-direct pour éviter les surprises, comme celle concoctée par RSF lors de la cérémonie de l’allumage de la flamme. Si les Chinois veulent contrôler les images, soyons plus vicieux, ne leur donnons pas d’images "diffusables". C’est très simple et c’est beaucoup plus efficace que toutes autres formes de boycott. Il faut savoir battre son ennemi dans son propre jeu et avec ses propres armes. Jouons le jeu et les JO des chinois. Ils veulent des images? Nous pouvons leur en donner. Que peuvent faire les autorités de diffusion chinoises si lors de la cérémonie d’ouverture, les membres de délégations qui sont dans les tribunes et les supporters étrangers présents tournent le dos au terrain pendant toute la cérémonie? Que peut faire la censure chinoise si un bon nombre des athlètes qui défilent sur le terrain tournent le dos à la tribune lors de leurs passages devant la tribune officielle? Des gestes qui ne nécessitent pas de mots, des gestes sans banderoles, mais qui laisseront les chinois sans images à contrôler. Emmerder les emmerdeurs. Protester sans manifester. L’arme absolue. Que peuvent faire les censeurs chinois si les athlètes qui remportent les épreuves refusent de monter sur les podiums pour recevoir leurs médailles ? Les athlètes auront ainsi remplis leurs contrats sportifs mais aussi un contrat moral que leur dicte l’Olympisme. L’histoire retiendra qu’ils n’auront pas accepté les médailles de la honte lors de Jeux dénués de toute morale. L’histoire retiendra leurs défis des autorités chinoises. Que risquent les athlètes et les supporters étrangers présents sur place avec ces gestes silencieux mais qui seront tellement assourdissants pour le régime chinois? Que va faire Pékin? Expulser athlètes et supporters? Les jeux sont ouverts. Les jeux sont fermés. Une humiliation pour le régime chinois. Mais le choix du boycott doit aussi être assumé par tous. Politiques comme sportifs. Les sportifs doivent aussi cesser de se défausser sur les politiques comme le fait merveilleusement bien Alain Bernard. C’est indigne de l’esprit olympique. Aware, Alain Bernard pense que c’est intelligent de participer aux jeux pour les sportifs, mais pas pour les politiques. En bref, les JO de Pékin sans Sarko c’est bien. Avec Sarko c’est pas bien. Une logique de poisson. Sarko en tous cas n’est pas prêt de mordre à l’hameçon. Pas pour le moment en tous cas, il gardera cette option au cas où il plonge encore dans les sondages, une façon de jouer les héros et de renouer avec ses discours enflammés de Mai 2007 sur les peuples opprimés. Comme quoi, les JO de Pékin sont des plus ouverts, et tout le monde pourra jouer à sa façon.

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