samedi, janvier 01, 2011

Employee of the Year

Il y a quelques semaines, Sarkozy inaugurait une ère de décadence absolue. Le Président Soleil recevait Hu Jintao comme l’accueillerait un régisseur de province chinoise. Un moment d'une admirable joie démocratique avait secoué la France, n’en déplaise à quelques esprits chagrins. En matière d’événementiel à la chinoise, le métier commence à rentrer à l’Elysée : Paris et Nice furent ainsi de splendides vitrines harmonieuses pour recevoir un grand promoteur des droits de l’homme, venu signer des contrats et donner à son nouveau larbin sa bénédiction pour la présidence du G20. Hu Jintao était surtout venu avilir dans son propre pays un président français qui avait très bien retenu la leçon chinoise : alors que tous les chefs d’Etats et de gouvernements occidentaux rendaient hommage à Liu Xiaobo pour son prix Nobel de la paix et appelaient à sa libération, Sarko la bouclait, aucun mot, aucune réaction. Silence radio également dans les rangs de l’UMP, seule formation politique occidentale jumelée avec le glorieux parti communiste chinois, une honte pour la patrie des droits de l’homme. Sarko s’écrase mais il le fait dans l’intérêt des droits de l’Homme : « Ce n'est pas en reprochant des choses aux gens qu'on fait avancer les dossiers ». Quelle clairvoyance. C’est là toute la finesse de la diplomatie française. Le dictateur chinois a débarqué dans un pays frère, où l’Elysée était à la limite de réquisitionner de braves citoyens français pour agiter des petits drapeaux chinois. Il faut dire que pour cette visite, Sarko avait le souci du détail, pas de fausses notes, quitte à bloquer Paris et Nice devenues des décors à la Truman Show, pour un tableau parfait digne d’une fresque communiste. Aucune conférence de presse pendant la visite du président chinois, donc aucun risque de troubler la sérénité du dictateur et de son hôte par des questions bêtes et désuètes sur les droits de l’Homme. La France peut être fière du vulgaire talent propagandiste de son président. Jamais un président français n’avait été aussi minable, jamais la république française n’avait été autant rabaissée. Un spectacle désolant. Pendant le diner élyséen en l’honneur du potentat chinois, Sarkozy poussait encore plus loin le bouchon de la basse flatterie, allant jusqu’à faire servir des millésimes dont les années avaient une signification particulière, personnelle ou politique pour Hu Jintao. La Baronne de Rothschild serait dégoutée devant un tel art de recevoir. Sarko a certainement évité la sangria pour célébrer l’année qui a valu à Hu Jintao le surnom du Boucher de Lhassa. Et comme pour justifier sa bassesse, Sarko s’excitait sur le montant des contrats tel un vulgaire commercial de photocopieuses. Mais tout le monde connait l’histoire des contrats à la con de Sarko : Libye, Brésil, Russie, le Kazakhstan et maintenant l’Inde, avec 17 milliards annoncés en accords de principe, des accords avec lesquels ces pays se torchent joyeusement. Qu’importe, les contrats promis par des régimes totalitaires valent bien un pipi sur les droits de l’Homme et les principes fondateurs de la république français. Grâce à Sarko, la France évolue, elle fait son petit bonhomme de chemin vers un état policier. Des membres de RSF et des militants des droits de l’Homme avaient été arrêtés pendant la visite de Hu Jintao. Dans la France de Sarkozy, il est désormais interdit de manifester son refus de la dictature. Il est même interdit de brandir le drapeau tibétain : une niçoise avait été arrêtée après avoir déployé un drapeau tibétain sur sa boutique. La France change avec Sarkozy. Flicage et cambriolages de journalistes, cambriolages de rédactions, la Sarkozie est en pleine dérive. Sarkozy est un président qui a peur, il préfère choisir les journalistes pour des interviews dignes de la Biélorussie. Et le ridicule ne tue plus. Sarko expliquait avec une malhonnêteté surréaliste que l’objectif de sa nouvelle politique, c’est de réformer les réformes. Et la chienlit s’installe au sommet de l’Etat en attendant 2012. Grâce à Sarko, la France fait rire le monde entier. A Séoul, Sarko était passé en coup de vent, le narcisse français avait snobé les réunions de travail et les dîners d’ouverture et de clôture du G20. Il était là juste pour être intronisé roi du monde et réchauffer à l’occasion son discours schizophrénique de moralisation des flux financiers, alors que la morale fout gravement le camp de la majorité présidentielle. La France n’a jamais été aussi mal placée pour donner des leçons au monde. Qu’importe, le G20 était une trop belle occasion pour aller rouler des mécaniques à bord de son tout nouveau Air Sarko One.  Drôle de présidence française du G20 alors que Sarkozy est de plus en plus marginalisé à l'étranger et que la diplomatie française est tout simplement inactive depuis le largage du général MAM au Quai d’Orsay. Et Sarko va multiplier les voyages, sa présidence du G20 étant un excellent alibi pour prendre son avion d’émir. Au programme les Etats-Unis, et une tournée chez quelques monarques africains. Et au pays des maharadjas où il était de passage en décembre dernier, Sarko continuait sur sa lancée, réchauffant sans vergogne le discours qu’il avait servi à l’homme africain, affirmant aux indiens qu’il trouve intolérable qu’un milliard de péquenots n’aient pas droit à un siège au conseil de sécurité. Tout ça pour vendre du nucléaire. En Inde, Sarko avait aussi honteusement récupéré la douleur des familles des victimes des attentats de Bombay alors qu’il baigne en plein Karachigate et qu’il refuse la vérité aux familles des victimes. Sarko qui avait emmené sa dinde en Inde cette fois, qui dès sa descente d’avion, n’arrêtait pas de faire la touriste de base en abusant du salut indien. Et comme derrière chaque grand homme il y a une femme, Sarko affirmait dans sa mémorable interview post changement de gouvernement que « Quand on a la chance d'être marié avec une femme qui a une grande intelligence, ce serait dommage de ne pas l’écouter ». Délicieux, Schéhérazade est à l’Elysée. Au moins tout le monde comprend pourquoi ça merde.

dimanche, octobre 17, 2010

Strip-Tease

Alors que la France entrait en ébullition avec la réforme des retraites sur fond d’exécration du gang présidentiel, France3 diffusait La voie de Carla, une singerie monarchique qui exhibait une première dame faisant sa bitch à l’Elysée, ce symbole de la république érigé en temple de la minauderie. La voie de Carla est une frivolité censée semer la joie dans le royaume de France par la grâce de sa reine en ces temps de crises. En guise de documentaire, France3 proposait un storytelling surréaliste, une pitoyable propagande d’un Président Soleil qui ne se gêne plus d’utiliser sa femme et la télévision publique pour se glorifier, un narcissisme digne de la famille princière de Monaco. Dans ce documentaire aussi indécent que cynique, Carla nous raconte sa perception du rôle de first lady : une savoureuse philosophie puisqu’elle déclare "Je ne suis pas que la cerise sur le gâteau mais j’essaie d’être une belle cerise qui fait honneur à un gâteau fantastique". Succulente allégorie. Quelle culture, parler du sommet de la république comme d’une vulgaire pâtisserie. Il s’en est fallu de peu pour que Carla se compare à une crème fouettée. Dans un style détendu du slip digne d’un reportage sur Eva Longoria, L’Elysée voulait sublimer la starfuckeuse de la république et le quotidien de Sarko qui, en mettant en scène la paix de son ménage, voulait sans doute acheter la paix sociale. Mais cette caricature de documentaire n’a fait que mettre en évidence l’arrivisme et l’indécence du couple royal. Et puis maintenant, les français savent au moins à quoi sert l’argent de la redevance télé. Marc Berdugo, pote de Carla et accessoirement réalisateur de cette magistrale branlette, raconte son documentaire comme s’il racontait une sextape "Nous nous sommes mis directement dans le bain. Durant notre premier échange, la caméra tournait" et de rajouter "A Pittsburgh, nous étions seuls dans sa chambre d'hôtel". Voilà une bambochade qui a échappé à Rachida. Ce In Bed With Carla a surement été la goutte qui a fait déborder le bénitier du Vatican, qui n’a pas tardé à blacklister la nympho transalpine pour la visite de Sarko. Non seulement les médias italiens sont totalement hostiles à leur compatriote, mais Benoît XVI avait certainement peur que Carla ne transforme la Vatican en cité de la joie. Il s’était déjà fait avoir par Jean-Marie Bigard lors de la dernière venue de Sarko, il n’allait pas risquer un autre lâcher de salope.

vendredi, octobre 01, 2010

How to Lose Friends & Alienate People

La saga continue au royaume de France. Affaires, anarchie politique, chaos diplomatique, la pompe à merde tourne à plein régime. Même le Grand Vizir Fillon et le bouffon Copé n’arrivent plus à souffrir le roi, c’est dire le grotesque d’un règne devenu une incroyable arlequinade. La Sarkozie est aujourd’hui devenue une comédie internationale, un sitcom diplomatique, un sketch politique. Aujourd’hui, la France fait peur, son président est effrayant, ses ministres sont terrifiants et sa politique angoissante. La majorité présidentielle est devenue un repère de grand banditisme politico-financier, un bivouac d’escrocs. La France n’a plus un visage humain, elle a désormais le visage de Sarkozy, Hortefeux, Estrosi, Besson, beaucoup plus porte-flingues que ministres. La patrie des droits de l’Homme, jadis une référence dans la sphère politique mondiale, n’est plus qu’insolence et mépris grâce à son président. Avec Sarkozy, la France est dans les bas-fonds politico-diplomatiques. A Bruxelles, Sarkozy tenait un discours d’une vulgarité mussolinienne, ses propos dignes d’un sous-préfet envers les représentants européens et le président de la commission européenne étaient d’une rare grivoiserie. Sur la scène européenne et internationale, Sarkozy est devenu un personnage aussi grotesque et pornographique que Berlusconi. D’ailleurs il n’y avait que ce truand de Berlusconi pour soutenir Sarkozy face à la commission européenne. Une commission où Sa Majesté s’était fait sèchement recadrer par la chancellerie allemande avec un démenti cruel de ses propos sur une quelconque discussion avec Angela Merkel concernant des expulsions de Roms. Sarkozy rentrait à Paris humilié et taxé de mythomane. Sarkozy disait son pays insulté alors qu’il est la plus grande insulte jamais infligée à la France. Aujourd’hui, la grandeur de la France se mesure à la taille de son roi. La liberté, l’égalité et la fraternité, principes fondateurs de la république française perdent du terrain face à la peur, le mépris et la désunion, produits de la politique sarkoziste. Et ce n’est surement pas les âneries de Frédéric Lefebvre qui vont calmer cette ambiance de chaos politique. Le peloteur en chef du roi n’a trouvé rien de mieux à faire que de fustiger le climat de sarkophobie qui règne dans la presse. C’est un juste retour de rafale puisque ce scélérat de Besson, disait dans les couloirs de RMC que Sarkozy avait raison, que les médias, il faut les passer à la kalachnikov. Et la cour du roi est en effervescence. La guerre des successions ministérielles est ouverte entre les coquins de la majorité monarchique depuis l’annonce du remaniement. C’est un festival de courbettes et de servilité en attendant la volonté du roi. Des ministres qui s’affolent, dénoncent les copains, s’insultent, se tirent dans les pattes et se font des croche-pieds. La cour du roi s’est transformée en cour d’école. Et c’est pour faire oublier les tensions et jouer la décontraction que l’auguste couple impérial s’était envolé vers New York pour faire du shopping, manger dans des restos chics et pour qu’accessoirement, Sa Joyeuseté fasse un discours fumiste à l’ONU pour les objectifs du millénaire. Des idées en-veux-tu-en-voilà, une intention désopilante de changer le monde censée donner une hauteur diplomatique au grand timonier pour préparer le terrain à sa glorieuse présidence du G20. Une présidence qui s’annonce déjà lamentable vu la popularité de Sarkozy chez les grands de ce monde qui ne voient en lui qu’un mégalomane, un vulgaire et un grossier personnage. Et le pire dans tout ça c’est que Sarkozy deviendra roi du G20 au moment de la sortie du Beaujolais nouveau. Ça promet. En attendant, Les services secrets anglais et allemands déjouent des projets d'attentats en Europe, pendant que les renseignements français, eux, espionnent les journalistes du Monde.

jeudi, septembre 09, 2010

Ridicule(s)

Pendant tout l’été, les affaires ont fait basculer la cour du président soleil de la bouffonnerie vaudevillesque vers la comédie pour mongolo. La république donnait un triste spectacle pour débiles profonds avec une majorité confuse et assommée par les affaires et le torrent de révélations. Drôle de spectacle avec une majorité qui donne l’impression d’être un clan mafieux et un président dont l’autisme et le sens de la démocratie rappellent délicieusement celui de Ceausescu. Depuis Vichy, jamais un président n’a été aussi obscène, des ministres aussi vulgaires et la politique française aussi ordurière. La politique de sécurité, électoraliste et bestiale de Sarkozy est déjà une catastrophe médiatique et diplomatique à l’étranger où la patrie des droits de l’Homme n’évoque plus que Vichy, les rafles et la Gestapo de triste mémoire. Et puisqu’on est drôle ou on l’est pas, Brice von Horteführer, ministre de la propagande, annonçait dans la foulée son intention de devenir Maire de Vichy en 2014. Brice nous voilà. Vive la France libre, Pétain is back. Vichy, une consécration pour un ministre condamné pour injures raciales, une première dans l’histoire de la république française. De la blague d’Hortefeux jusqu’à la filouterie de Woerth en passant par le Karachigate, il y a un coupable désigné pour le trouble du bonheur royal : internet, accusé par la majorité présidentielle d’être le royaume de la lapidation politique, de la persécution et du harcèlement d’honnêtes ministres et de leur président. L’heure est grave. Le web met la démocratie en danger. Les médias sur internet et les blogs terrorisent la république. Depuis la blague d’Hortefeux, la Sarkozie accuse le net d’être une fachosphère, un réseau de cafardage, de délation organisée, le mal absolu. Et c’est cet âne d’Henri Guaino qui lance la charge contre internet, déclarant avec son air de grand druide que "La transparence absolue, c’est le début du totalitarisme", accusant internet d’être une zone de non-droit, une zone de non morale même. Guaino qui parle de morale, il fallait oser. L’exécutif était donc entré dans une phase de diabolisation visant à discréditer les informations diffusées sur ne net. Jean Sarkozy, un autre grand penseur de la Sarkozie, recommandait même l’extrême vigilance pour que "les nouvelles technologies de l'information ne transforment pas notre médiacratie en médiocratie". Mini-Sarko qui parle de médiocratie, c’est tout de même du grand spectacle comique. Frédéric Mitterrand n’est pas en reste, ayant eu son heure de gloire sur le web avec sa "mauvaise vie", il ne cesse de fustiger le danger et les mensonges des blogs. Mais c’est Nadine Morano, grande prêtresse anti-blogs qui trouve la solution en appelant à la création une police internationale d’internet "des blogs, qui sous couvert d’anonymat, déversent un torrent de boues, d’insultes, d’injures et de mensonges, je crois qu’il nous faudra un jour une police internationale d’Internet.". La majorité présidentielle dit ainsi tout le bien qu’elle pense du net, de twitter et des blogs, repères de fascistes. C’est vrai que c’est beaucoup plus intéressant de regarder un débat à la télé entre Copé et Camélia Jordana sur la Burqa ou une interview de Sarko digne de la télé nord-coréenne. Le grand timonier a aujourd’hui une obsession : neutraliser le web, le discréditer et le filtrer, quitte à utiliser des méthodes chinoises dont Hadopi n’est que l’avant-garde. En attendant ce glorieux moment où il triomphera sur le méchant web, c’est Benjamin Lancar, chef des bébés Sarko qui mène la croisade contre le net. Ce jeune pop décérébré dont les seuls faits d’arme restent un lipdub qui a humilié l’UMP et une réélection aux critères démocratiques dignes du Zimbabwe, s’en prenait à Mediapart, le traitant de "Pravda des lâches" et qualifiant Twitter et le web de "gauchosphère". Ce grand intellectuel a même de la suite dans les idées puisqu’il annonce sa iRiposte sur internet : un "Observatoire des mensonges de la gauche". Internet rend con, on en a la preuve avec Benjamin Lancar.

vendredi, juillet 23, 2010

Inglorious Basterds


C’est dans une ambiance de fin de règne que sa magnificence fêtait le 14 Juillet. Une fête au rabais suite à sa dégringolade dans les sondages, les petites affaires de son vizir Woerth et sa fabuleuse auto-interview digne d’une plaisanterie de dictature sud-américaine. Une fête au rabais mais qu’importe, ce que sa majesté voudrait que le peuple retienne de ce 14 Juillet, c’est l’abolition de la Garden Party, une mesure symbolique d’autant plus qu’il avait organisé la sienne lors de son voyage à New York pour l’assemblée générale des Nations-Unies : 4000 invités au Manhattan Center Studio, du bon pédigrée d’expat qui vote Sarko et qu’il fallait particulièrement soigner avec le nec-plus-ultra de la gastronomie française, concocté par 21 cuisiniers et porté par pas moins de 135 serveurs. Total de la facture : 400000 euros payés par le Château, pour le seul plaisir de son immensité et de sa cour transatlantique. Pour le peuple de France, l’histoire retiendra les 700000 euros économisés avec la suppression de la Garden Party, une fête qui garde néanmoins toute sa splendeur avec un défilé armé à 4 millions d’euros, enguirlandé cette année avec la fine fleur des démocrates africains. La république se donne en spectacle et le roi devient son propre bouffon. Déjà que la France est l’une des dernières nations avec la Chine et la Corée du Nord à célébrer la fête nationale avec un défilé militaire, mais le monarque transforme carrément l’exercice en une véritable mascarade monarchique. Ainsi, entouré d’une belle brochette de putschistes, sa grandeur assistait à l’incontournable sauterie militariste. Un carnaval de criminels insultant la république et ses valeurs. Mais les valeurs de la république, Sarko se torche avec, sa priorité était de sceller le renouveau de la Françafrique de papa qu’il avait initié à Nice il y a quelques semaines. Il fallait aussi montrer les beaux joujoux de l’industrie militaire française aux pires despotes, généraux et criminels africains qui ont pris l’habitude ces derniers temps d'acheter leur armement auprès des chinois, pas du tout regardants sur les droits de l’homme. Sa grandeur avait donc eu la noble idée d’inviter quatorze démocraties africaines et leurs miliciens pour célébrer le cinquantenaire de leur indépendance sur les Champs-Elysées. Le monarque en plein braconnage diplomatique. La France est un pays magnifique. Passons en revue les nouveaux amis de Sarko : Paul Biya, Blaise Compaore, François Bozizé, Denis Sassou N’Guesso, Idriss Deby, Ali Bongo, Boni Yayi et Faure Gnassingbé, pour ne citer que les plus illustres. Que de respectables démocrates et des passionnés des droits de l’homme. L’Elysée se permet même une pointe d’humour en déclarant qu’il n’y a "personne intéressant la justice" parmi les invités de sa splendeur, des invités qu’on ne retrouve pourtant pas dans le hit-parade des grands humanistes. Deux ans après avoir invité le syrien Bashar Al Assad, maître de l’une des dictatures des plus brutales au monde, Sarko fait plus fort. Derrière ce 14 Juillet burlesque, se cache le grotesque Claude Guéant, grand prêtre de la Françafrique, secondé par le pittoresque Thierry Saussez, un sorcier blanc qui louait ses services de conseiller en communication aux tyrans africains avant de devenir le gourou du service de communication du gouvernement sous l’ère Sarkozy. Avec ces deux imbéciles, la diplomatie française en Afrique c’est du grand folklore. Un folklore dont le chef d’orchestre pour ce mémorable 14 Juillet n’est autre que l’inénarrable Jacques Toubon, un habitué des palais africains et un observateur très conciliant des plaisanteries électorales de ses dictateurs. Et Sarko ne manquait pas de décomplexer totalement ses amis démocrates en déclarant : "Je sais bien tout ce que la notion de relations privilégiées, de relations spéciales charrie de soupçons et fantasmes ... mais le moment est venu de l'assumer ensemble, sans complexe et sans arrière-pensées". Bel esprit. Belle démocratie. Beau 14 Juillet. Mais le tableau aurait pu être encore plus splendide avec le patriarche de la monarchie féodale saoudienne, l’honorable invité qu’attendait son altesse sérénissime pour son glorieux 14 Juillet. Mais le grand monarque d’Arabie saoudite s’était finalement décommandé, outré par l’insulte faite à son intelligence par l’espiègle Hervé Morin qui s’était empressé de rapporter la superbe vision diplomatique du sultan des bédouins à quelques journalistes. Le roi confiait lors d’une entrevue en juin dernier avec Morin que deux pays ne méritent pas d’exister : l’Iran et Israël. Une délicieuse blague visiblement reprise en sketch par le ministre de la défense. Avec de tels amis, la France n’a nul besoin d’ennemis, et la république passe joyeusement du côté obscur de la Force avec une Françafrique désormais tradition républicaine s’affichant un 14 Juillet, en toute vulgarité.

mardi, juillet 06, 2010

Otto-Man

Alors que tout le monde ne pense qu’aux vacances et à la mer, le premier ministre turc est décidé à lancer sa deuxième croisière s’amuse de la paix vers Gaza. Recep Tayyip Erdogan, auto-promu nouveau calife ottoman, veut sponsoriser une deuxième flottille de djihadistes de la paix vers Gaza. Après le grand succès qui a provoqué l’hystérie des médias et de la rue arabe chère à TF1, en mal de sensations fortes depuis que le hezbollah libanais n’ose plus péter une roquette de travers, c’est donc Erdogan, patron de l’AKP, le parti islamiste le plus fréquentable au monde qui décide d’animer l’été 2010 en poursuivant sa politique de provocation envers Israël avec un joyeux concept : le djihad humanitaire. C’est une sorte de croisade de la paix qui fédère aussi bien les barbus de tous poils que des bobos occidentaux qui jadis défendaient Saddam et n’avaient aucun complexe à serrer la main du "Raïs" de triste de mémoire. Les médias occidentaux sont tombés dans le panneau en relayant le martyr d’une croisière guerrière sponsorisée par IHH, une ONG "gouvernementale" turque proche du mouvement des frères musulmans égyptien. Le caractère pseudo humanitaire de cette expédition n’est qu’un cache sexe à une véritable opération de communication djihadiste organisée par un Erdogan totalement radicalisé après avoir vu ses chances d’intégrer l’union européenne partir en kebab. Ce qui est incroyable c’est que les médias se sont tellement passionnés pour cette sympathique flottille qu’ils ont oublié d’analyser la nouvelle donne turque et la volonté délibérée d’Erdogan de provoquer une nouvelle crise dans la région. Pour comprendre la logique d’Erdogan, il faut passer par celle de son parti, l’AKP, un parti islamiste fin de race resté exclu des grand-messes diplomatiques internationales alors qu’il se voyait se faire attribuer un sérieux rôle de négociateur dans la région. Cet "oubli" l’a un peu humilié dans les milieux fondamentalistes : entre eux, les barbus sont taquins. Le problème principal d’Erdogan, c’est que diplomatiquement, il n’a pas de réseaux, il est juste considéré comme un parvenu politique, un idiot qui n’est utile que par sa position géostratégique. Erdogan et ses potes du néo-islamisme turcs ont pigé qu’ils avaient la carte du monde arabo-musulman à jouer pour exercer une influence régionale internationale. Et pour ce faire, le discours d’Erdogan est d’une incroyable simplicité, mais d’une efficacité redoutable : la cause palestinienne et l’islam face au "diable" sioniste, un discours qui mobilise des foules arabes surexcitées en un temps record. Le Roi Hassan II du Maroc disait qu’Israël était l’aphrodisiaque des arabes, la Turquie lui donne raison encore une fois. Tout avait commencé le 29 Janvier 2009 lors du sommet de Davos, où Erdogan piquait publiquement sa crise face au Président israélien Shimon Peres sur fond d’intervention israélienne à Gaza. Erdogan tombait le masque et les hystériques du Hamas et du monde arabe découvraient émerveillés un nouveau porte-parole. La Turquie laïque d’Atatürk commençait ainsi à réintégrer son orbite naturelle et les occidentaux découvraient, médusés, le nouveau visage d’Erdogan. Et c’est panique à bord dans les chancelleries occidentales qui ne savent plus comment gérer une Turquie en pleine lune de miel avec les pires dictatures et mouvements terroristes de la région. Et Erdogan n’est pas à une vulgarité près puisqu’il demande à Israël de s’excuser pour terrorisme d’Etat. C’est incroyablement obscène de la part d’un pays qui rejette le génocide arménien, occupe une partie de Chypre et mène des opérations illégales en Irak pour massacrer des kurdes. Cette "révolution" anti-kémaliste de la Turquie, cette volte-face au monde occidental, Sarko l'avait prévue. Ca m’arrache les doigts de l’écrire mais le monarque avait très bien géré et étouffé le dossier turc pour son entrée dans l’union européenne malgré le lobbying pro-turc de beaucoup d’européens, et même des américains. Dès le départ, Sarko avait une bonne lecture de l’évolution politique turque qui allait inévitablement devenir anti-occidentale. Il faut dire qu’en matière de traitres, il s’y connait. Mais même ringardisée, la Turquie gardera toujours ses rêves d’Empire. Un peu comme Rachida Dati.

vendredi, juin 04, 2010

OSS 117 : Sarkozy ne répond plus

Il est utile de revenir sur la libération de l’agent 000 Reiss, pour se rendre compte que la barbouzerie française n’est plus ce qu’elle était. Au-delà de l’humiliation subie par la France et le bras d’honneur donné par Ahmadinedjad au monarque, il est intéressant de voir le comportement de la Sarkozie dans cette affaire, un comportement à la chinoise : communiquer un minimum et nier l’évidence. Plus c’est gros, plus ça passe, quitte à infantiliser Clotilde Reiss. L’Elysée pense faire gober le fait qu’il n’y a eu aucun échange, que ces libérations qui interviennent au même moment ne sont qu’un « heureux hasard » comme se plait à le répéter Kouchner, le majordome de l’Elysée. La France prouve qu’elle a désormais la diplomatie et la justice d’une république bananière. Quel crédit pour la diplomatie française maintenant? Quelle image donne le renseignement français ? L’affaire Clotilde Reiss est symptomatique de la paupérisation du renseignement français sous les ordres directs de l’Elysée et l’influence du Quai d’Orsay. Comment expliquer qu’une neuneutte en mal d’exotisme se retrouve à faire du renseignement pour le compte de l’IFRI (Institut Français des Relations Internationales)? Il est tout simplement hallucinant de voir la fille à papa Reiss qui travaille à la direction des applications militaires au Commissariat à l'Energie Atomique et dont la mère travaille pour l'armée française, lâchée en pleine nature à Ispahan, ville à proximité de la centrale nucléaire de Natanz. Les iraniens ont laissé les français avancer leurs pions pour ensuite faire coup double et obtenir deux libérations. Et deux ignorants comme Sarko et Kouchner ne pouvaient logiquement pas rivaliser avec ceux qui ont inventé le jeu d’échec moderne. Kouchner affirmait tellement l’innocence de Clotilde que cela devenait suspect. Et quand Kouchner affirme quelque chose, vous pouvez être certains que la vérité est toute autre. L’Iran a obtenu la libération de deux terroristes contre celle de la vierge effarouchée : Majid Kakavand, ingénieur iranien impliqué dans un trafic de matériel militaire dont les Etats-Unis réclamaient l’extradition et Ali Vakili Rad, condamné à perpétuité pour l’assassinat sauvage de Chapour Bakhtiar en 1991. Le monarque est humilié, ridiculisé après son rétropédalage sur l’échange de prisonniers. En même temps, une humiliation ou un mensonge de plus ou de moins, ce n’est pas ça qui va secouer la monarchie. Pendant une dizaine de mois, l’affaire Reiss aura provoqué des spasmes politico-médiatiques chez le monarque : des menaces et un langage guerrier pour rien, des gesticulations en l’air. Les iraniens n’ont pas été impressionnés et le château finissait par payer pour libérer sa pintade à roulettes : 450000 euros entre la caution et l’amende. Et comme Sarko aime chouchouter ses otages libérés, la petite Clotilde faisait le trajet Dubaï-Paris à bord d’un Falcon de la république, pour 6000 euros l’heure de vol. L’addition est salée, mais le contribuable français est très généreux dès qu’il s’agit d’offrir un moment de bonheur à son roi. Le roi qui, pour se changer les idées, partait cette semaine en braconnage politique à Nice pour le festival des démocrates de la Françafrique, le sommet où démocratie est un gros mot, la grand-messe des plus grands humanistes du continent noir. Grâce à Sarko, les potentats africains sont définitivement décomplexés. De la junte nigérienne à Ali Bongo, en passant par Biya, Sasso Nguesso, Wade, Kagamé, Bozizé et Kabila, la république française et le président soleil rendaient les honneurs à la fine fleur des criminels et dictateurs africains. En rencontrant le Roi Fahd de la monarchie féodale saoudienne, Sarko disait qu’il venait prendre de la sagesse. En rencontrant les dictateurs africains, le président soleil pourra prendre goût à la présidence à vie.

mardi, mai 11, 2010

Cultural Learnings of China for Make Benefit Glorious Nation of France


Après Sarko l’américain, Sarko le chinois. Le grand timonier et sa dulcinée effectuaient un voyage spirituel en Chine, au programme : vadrouille culturelle, courbettes et retour aux fondamentaux diplomatiques qui ont fait la gloire de la diplomatie française. Aux chiottes les droits de l’homme et les exactions commises par le régime chinois. La rencontre avec le Dalaï Lama n’est plus qu’un mauvais souvenir, un triste évènement que Sarko s’était empressé d’effacer en assistant déjà à la Cérémonie d’ouverture des JO de Pékin et en ne ménageant ensuite aucun effort pour rentrer dans les bonnes grâces du régime chinois, grand ami des libertés. L’UMP, frappé comme le monarque d’une amnésie quant à la réalité du régime chinois, signait en Octobre dernier un accord de « compréhension et d’échanges » avec le parti communiste chinois, grand promoteur des droits de l’homme. Ensemble tout est possible prend désormais tout son sens. C’est donc pour sceller ce splendide jumelage que le camarade Sarkozy était en Chine pour honorer de son impériale présence le glorieux parti frère. Un magnifique périple de trois jours avec au programme la Muraille de Chine, les tombeaux Ming, la Cité Interdite et une visite de l'ex-ville impériale pour admirer les guerriers en terre cuite de l'empereur Qin, des statues aussi petites que Sarko et au vissage aussi figé que celui de Carla. Carla qui avait ri jaune lorsque la fanfare de l’armée populaire avait repris quelques unes de ses chansons, ça donnera probablement des idées au Président Soleil pour agrémenter le défilé du 14 Juillet. Point d’orgue de cette visite, le couple royal assistait à la fantasmagorique cérémonie d’inauguration de l’expo universelle de Shanghai où son Altesse Sérénissime avait applaudi des fresques d’un incroyable kitsch entouré de Hu Jintao, d’Ali Bongo et d’autres démocrates de compétitions. L’auguste couple élyséen inaugura le lendemain le pavillon français dont la thématique est « la ville sensuelle » dont le parrain est Alain Delon. Tout le monde le croyait mort alors qu’il faisait mouiller la ménagère chinoise. La ville sensuelle en Chine, c’est tout simplement grotesque. Et pour se rendre compte de la vulgarité diplomatique du roi, il faut se rappeler son discours lors du congrès de l’UMP en 2007, où il déclarait la main sur le cœur « Je n'accepte pas le sort que l'on fait aux dissidents dans de nombreux pays. Je n'accepte pas la répression contre les journalistes que l'on veut bâillonner. Le silence est complice. Je ne veux être le complice d'aucune dictature à travers le monde » ou encore son appel olympien lors de son discours de la victoire un certain 6 Mai 2007 « je veux lancer un appel à tous ceux qui dans le monde croient aux valeurs de tolérance, de liberté, de démocratie et d’humanisme, à tous ceux qui sont persécutés par les tyrannies et par les dictatures, à tous les enfants et à toutes les femmes martyrisés dans le monde pour leur dire que la France sera à leurs côtés, qu’ils peuvent compter sur elle. » Enorme non ? Ces épatantes promesses ont depuis laissé la place à une diplomatie de république bananière. Pendant ce temps-là, s’achevait en France l’exposition de Pal Sarkozy, père du bien nommé Nicolas, dont l’œuvre merdique est un hymne à la beauferie et une ode au mauvais goût élevé au rang d’Art. Entre autres croûtes, Pal immortalisait le couple impérial de France dans un kitsch idolâtrique digne des posters de la propagande chinoise et des dictatures bobo. Tout simplement magnifique. Carla future Marianne ?